Artistes et créatifs: comment gérer son temps

Artistes et créatifs: comment gérer son temps - Artizest

Travailler moins et mieux

On a beau être créatif et aimer ce qu’on fait, il est parfois difficile de se mettre au travail ou de rester concentré. Qui n’a pas déjà ressenti une extrême frustration, la sensation de n’avoir pas ou peu produit au terme d’une journée entière devant son ordinateur ou dans son atelier ?

Tous les créatifs, entrepreneurs, et indépendants passent par là, mais il est possible de travailler moins en produisant tout autant — voire plus.

Ne nagez pas contre votre propre courant

Nous avons tous des rythmes différents. Personnellement je travaille mieux le matin tôt ; je suis inefficace entre 13h et 17h00, mais de nouveau concentrée en fin de journée. Pendant longtemps, j’ai tenté de forcer ma concentration et obliger mon inspiration durant ces heures d’après-midi. En vain :  je ne produisais rien. J’étais frustrée — voire irritée — de n’avoir rien créé et d’avoir perdu quatre heures pendant lesquelles j’aurais pu me relaxer ou réaliser des tâches qui ne demandent pas ou peu de concentration. Ça vous parle ?

Arrêtez de nager contre votre propre courant… Vous avez sûrement la chance de travailler à votre compte ; alors profitez-en ! Si votre pic de productivité se situe entre 3h et 8h du matin, ne l’ignorez pas sous prétexte qu’on vous a toujours rabâché que la nuit on dort et qu’une journée d’école, de fac ou de travail se passe entre 9h et 17h.

Comment déterminer son pic de productivité ?

A vrai dire, vous le connaissez peut-être déjà ; toutefois, il peut être utile de vous lancer dans une semaine expérimentale. Pas besoin de matériel dernier cri, juste d’un crayon et d’un bout de papier.

Chaque jour, notez les heures auxquelles vous êtes le plus productif et celles où vous sentez que rien ne fonctionne, ou que l’effort vous met de mauvaise humeur au lieu de vous stimuler. Au bout de cinq ou six jours, vous devriez voir apparaître un pattern.  Gardez ce motif de travail et calquez votre semaine de travail suivante dessus : activez-vous pendant vos heures productives et faites autre chose pendant vos heures vides de concentration. En travaillant seulement pendant ces heures où votre concentration est optimale, vous vous épargnez l’horrible schéma de la frustration contre-créative.

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Il en va de même pour les jours de la semaine. Le repos hebdomadaire a été fixé au samedi-dimanche pour des raisons pratiques[1], mais nous ne sommes plus en 1936, et encore une fois, vous êtes libre de faire ce que vous voulez.

Si vous sentez que le jeudi est un jour de break nécessaire, (c’est mon cas) octroyez-vous ce répit et bossez un peu le weekend ! Vous préférez travailler tous les jours en petite quantité ? Rien ni personne ne vous empêche… Le seul obstacle qui s’oppose à vous, c’est votre conception du travail. Vous faites déjà partie d’une minorité qui a compris qu’on pouvait vivre en faisant ce qu’on aime ; la prochaine étape c’est savoir que l’on peut être « productif » en travaillant seulement quand on en ressent l’envie.

Comment garder son pic de productivité : intensité et concentration

Le secret pour travailler moins et produire plus, c’est simplement de travailler mieux, de travailler à 100%. Seulement il n’est pas possible de rester au maximum de sa concentration pendant très longtemps. Il faut donc fractionner votre pic de productivité, c’est à dire, prendre des pauses, des vraies.

Plusieurs études sont parues sur le nombre de minutes pendant lesquelles il est possible de rester concentré sur une même tâche. La méthode Pomodoro prescrit 30 minutes d’effort pour 5 minutes de repos, tandis qu’une recherche récente de Draugiem Group mise sur 52 minutes de travail pour 17 minutes de repos.

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Faites votre propre expérience : enclenchez un minuteur sur 30, 45 ou 52 minutes et tentez de rester absolument concentré sur votre tâche, sans interruption aucune. Pas de réseaux sociaux, pas de pause clope, pas question non plus de prendre « juste deux minutes » pour se faire un café. Bref, travaillez pour de vrai. Une fois votre temps de travail écoulé, prenez un break de 5 à 15 minutes. Ne restez pas sur votre lieu de travail, faites une vraie pause : sortez, allez aux toilettes, dites à votre chat que c’est le plus beau des matous, étirez-vous. Puis reprenez un cycle de travail, puis une pause, et ainsi de suite jusqu’à toucher à la fin de votre pic de productivité. N’hésitez pas à noter les heures de travail accomplies. Non seulement vous saurez exactement le nombre d’heures que vous avez travaillé (ce qui est très utile pour déterminer vos tarifs et facturer vos clients) mais vous aurez aussi la satisfaction d’avoir été réellement efficace, productif.

Enfin, il faut déterminer le nombre d’heures que vous êtes en mesure de travailler chaque jour. Il n’y a pas de moyenne ici car tous les jobs ne nécessitent pas la même intensité de concentration, le même effort physique ou psychologique. En tant que rédactrice je me fixe cinq heures de travail « réel » par jour ; quand je fais de la production de projets, ce chiffre tourne plutôt autour de 7h30. Bref, tout dépend de votre activité.

Connaître et tirer profit de son pic de productivité ne signifie pas que le produit final prime sur le processus de création. Bien au contraire, en travaillant exclusivement dans vos meilleurs moments vous suivez le courant de votre créativité. Vous apprécierez vos séances de travail — le processus — plutôt que de les vivre une fois sur deux comme une corvée, comme une extraction douloureuse de vos idées.

En conclusion, il est possible de travailler moins et de produire autant voire plus. Il suffit simplement de trouver son rythme et de ne pas forcer une concentration qui ne vient pas. Organisez des plages de travail « réel », intenses et sans distractions ; et offrez-vous de vrais moments de détente. Votre travail sera fait, vous aurez du temps pour vous, et la spirale de frustration contre-créative ne sera plus qu’un lointain souvenir.

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Note : Les conseils de cet article ne sont que des suggestions qu’il convient de changer et d’adapter à sa guise. Bien qu’un minimum de structure soit utile pour commencer un travail, il n’existe pas de règle d’or, ni de recette magique à la créativité. Cultivez ce qui vous rend unique et faites confiance à votre instinct !

 

[1] Profiter de la vie de famille et avoir accès à l’industrie des loisirs naissante en 1936.